Femmes réfugiées de Nakivale : marchons ensemble contre l’impunité et la violence !

Article de la DDH Faida Kasindi

Photo prise par Kelvin 2026

Je prends la parole aujourd’hui avec une colère profonde, mais avec une détermination inébranlable. En tant que défenseure des droits humains, je vois chaque jour mes sœurs payer au prix fort leur engagement. Les menaces, les insultes, les coups et les agressions physiques contre les femmes DDH sont devenus notre quotidien. Et face à cette violence ciblée, qu’obtenons-nous ? Un silence complice. Une impunité totale.

On nous agresse pour nous faire taire. On nous frappe pour nous signifier que notre corps et notre voix n’ont pas leur place dans la lutte pour la justice. Les institutions ferment les yeux, les plaintes s’accumulent dans l’indifférence générale, et les agresseurs marchent en liberté, confortés par l’inaction de ceux qui devraient nous protéger.

Cette impunité ne doit plus être notre norme. Si la justice refuse de faire son travail, c’est à nous d’occuper la rue pour exiger nos droits.

C’est pourquoi j’adresse aujourd’hui un appel solennel et urgent à toutes mes sœurs, femmes réfugiées du camp de Nakivale : levons-nous.

Vous qui avez fui la violence pour chercher l’asile, vous qui subissez la précarité et l’insécurité au quotidien, vous connaissez la valeur de la dignité. Ne laissons personne nous piétiner. Je vous invite toutes à nous rejoindre pour une marche pacifique au sein du camp de Nakivale.

Marchons ensemble, bras dessus, bras dessous, sans violence mais avec une fermeté inébranlable. Marchons pour dénoncer l’impunité qui protège nos bourreaux, pour exiger une protection réelle des femmes DDH et de toutes les femmes réfugiées, et pour rappeler au monde que notre statut de réfugiées ne nous enlève en rien nos droits fondamentaux.

Ne laissons plus la peur décider de notre avenir. Unissons nos voix pour que le cri de justice de Nakivale résonne bien au-delà des frontières du camp.

Marie Chantal Machozi Shabani

Machozi Shabani Marie Chantal est une défenseure des droits humains originaire du Nord-Kivu en RDC. Active depuis 1998, elle est la fondatrice de l’organisation EDF-Kivu, engagée dans la protection des droits des femmes et des personnes vulnérables. Son action se concentre sur la lutte contre les violences basées sur le genre, le plaidoyer pour les droits humains et le soutien aux femmes touchées par les conflits dans la région des Grands Lacs.

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